Ce qui me passe par la tête en photographiant - Snapshot

Je commence aujourd’hui une série intitulée « Ce qui me passe par la tête en photographiant ». Cette série aura à mes yeux une double utilité :

-        Elle me permettra de consigner mes réflexions, et de pouvoir me les rappeler le cas échéant, dans les périodes de médiocrité, de doute, de passage à vide.

-        Elle permettra à mes lecteurs photographes moins expérimentés de trouver quelques points à appliquer lors de leur prise de vue ou du traitement de leurs photos.

 

Je ne suis ni professeur de photographie ni même excellent photographe. Je crois pouvoir dire que je me débrouille, sans plus. Si vous lisez ceci, ne le faites pas en vous demandant toutes les cinq minutes « mais qui est-il pour prétendre m’apprendre la photographie ». Je ne prétends à rien. Je veux simplement partager avec vous un des points sur lesquels j’essaie de m’appliquer lorsque je prends des photos.

 

Si vous avez du temps, je vous invite après la lecture de ce qui suit à aller visiter mes galeries photo. Si vous y trouvez des défauts récurrents que je peux corriger à la prise de vue ou au traitement, je vous invite à m’en faire part, pour me permettre à moi aussi d’évoluer. Après tout, la photographie autodidacte se nourrit de conseils mutuels.

 

Snapshot est un terme anglophone. Faute d’équivalent satisfaisant en français, je l’appellerai « photographie impulsive ». C’est un terme générique qui peut s’appliquer à tout style de photographie, et qui nait d’un défaut propre à tous les photographes : nous arrivons rarement à faire correspondre la photographie finale avec notre vision de l’image que nous voulons produire.

La lumière dure offrait un beau contraste pour faire ressortir les deux personnes sur le blanc de la fontaine... Mais POURQUOI ne me suis-je pas déplacé de quelques mètres pour faire sortir ce foutu sapin de mon cadre? je ne le saurai jamais.

La lumière dure offrait un beau contraste pour faire ressortir les deux personnes sur le blanc de la fontaine... Mais POURQUOI ne me suis-je pas déplacé de quelques mètres pour faire sortir ce foutu sapin de mon cadre? je ne le saurai jamais.

 

Le déclenchement impulsif peut avoir des conséquences diverses sur le résultat, et faire apparaître sur la photographie finale des défauts variés. Difficile alors d’y trouver une panacée. Mais si quelque chose peut permettre au photographe de grandement améliorer la qualité des images qu’il produit, ce sont ces deux points : Prendre le temps, et ne jamais regretter une image que l’on n’a pas pu capturer parce que la situation qui se déroulait fut trop fugace.

 

Prendre le temps c’est, avant même de porter son œil au viseur, étudier la situation. Imaginer où se placera le sujet, où vous vous placerez, quel arrière-plan remplira votre cadre, quelle lumière mettra votre sujet en valeur. Lorsque tout est en place, c’est aussi choisir son cadre, y placer les éléments de l’histoire, les mettre en relation, et enfin, vérifier les aspects techniques de mise au point et d’exposition puis déclencher.

 

En mettant au point tous ces aspects de la prise de vue, les secondes, les minutes s’écoulent, et il arrive que la situation que l’on pensait parfaite se déroule devant nos yeux avant que l’on ait eu le temps de se préparer totalement. Que l’on ait déclenché ou pas, on sait que la photo prise n’aurait pas été conforme à la vision de notre projet. Le photographe qui déclenche tout de même, et publie cette photo, a produit un snapshot. Celui qui par contre a su se faire à l’idée que la photo qu’il a prise est perfectible et qu’il a, en attendant ou en revenant la possibilité de faire mieux, publiera certes moins de photos mais elles seront d’une qualité incontestablement meilleure.

 

Bien sûr, la majorité des photos que je publie sont par bien des aspects des snapshots. Que ce soit par précipitation, ou parce que mes capacités de photographe ne me permettent pas encore de tirer le meilleur d’une situation unique et fugace (en reportage essentiellement). Mais c’est bien avec dans l’idée de produire le moins de snapshots possible que je travaille depuis plusieurs mois.

 

Les éléments qui m’ont inspiré cette réflexion

 

1.      Hyères, France, 1932 – Henry Cartier-Bresson

On peut trouver facilement sur le net des analyses de cette photographie d’un des plus grands photographes français du siècle dernier. Mais c'est la réflexion qui a mené à cette photo qui m’a interpellé. J’imagine Cartier Bresson parcourant les rues de la ville de Hyères, découvrir cet escalier de seuil et sa rampe, donnant sur la ruelle étroite, imaginer la spirale que cette dernière produira dans son cadre, se placer et attendre. Attendre que quelqu’un passe, que quelque chose se passe dans ce petit espace de quelque mètres carrés seulement que couvre l’angle de son 50mm. Il a dû en prendre, des photos, avant d’arriver à capturer ce cycliste en mouvement à l’emplacement parfait. Quelle patience il lui a fallu, même dans l’hypothèse où il aurait demandé à un ami cycliste de se prêter au jeu, pour obtenir ce cliché…

En lisant avidement un livre que je me suis offert sur HCB, je ne suis arrêté longuement sur cette image emblématique de son travail. Et j'ai essayé de me mettre dans l'esprit du maître

En lisant avidement un livre que je me suis offert sur HCB, je ne suis arrêté longuement sur cette image emblématique de son travail. Et j'ai essayé de me mettre dans l'esprit du maître

 

2.      The Grid – Scott Kelby – Key Photography Career Tweaks

Chaque semaine, Scott Kelby tient un talk-show d’une heure et demi environs. Lui et ses invités discutent librement sur un thème ou font des revues de photos ou de sites internet. C’est toujours l’occasion d’apprendre sur la technique photographique, le post traitement ou la vision des invités.

Cette semaine-là, Scott et ses invités répondaient à une excellente question : « Quels sont les changements que vous avez opérés au cours de votre carrière et qui ont dramatiquement amélioré la qualité de votre travail ? ». Pour moi, ce fut l’occasion de récupérer une tonne de conseils sur ce à quoi faire attention quand on prépare une photo.

Désolé, c’est en anglais

 

 

3.      B and H – Snapshots to photography

B and H est un hypermarché dédié à la photo et à la video au sens large, basé à New York. Dans leur magasin, ils ont installé des salles de conférence. Pour attirer les photographes, l’enseigne invite des photographes plus ou moins renommés à y parler. Ces conférences sont enregistrées et publiées sur youtube.

La conférence qui suit m’a montré qu’une photo (par opposition à un snapshot) demande une énorme dose de préparation.

Désolé, c'est aussi en anglais