Réflexions philosophiques

Ce qui me passe par la tête en photographiant : la comparaison aux pairs

Dès que j'ai commencé la photo, j'ai regardé des photos partout. Que ce soit le travail d'inconnus, de photographes connus mondialement ou localement, ou celui d'amis photographes, rencontrés sur des groupes de discussion.

Faire son œil

Lorsque la technique photographique est maîtrisée, l'étape suivante pour moi a été l'apprentissage de la composition et du cadrage. Tout comme pour la manipulation de l'appareil photo qui est devenue instinctive, je voulais que mes choix de cadrage et de composition relèvent plus du subconscient. De cette manière, je peux me détacher de ces contingences pour me focaliser sur l'action qui se déroule dans et en dehors de mon cadre.

Je me suis donc gavé d'images, que ce soit sur les groupes de partage des réseaux sociaux ou sur 500px. J'ai parcouru ces sources gratuites d'images en m'arrêtant sur les images qui m'interpellaient. L'idée était de verbaliser ce qui dans l'image en question m'attirait ou me dérangeait. De cette manière, j'inscrivais dans ma mémoire photographique les choses que je voulais faire ou ne pas faire. Non pas que je considère qu'il y ait une bonne manière de faire, simplement je choisissais ce que j'aimais ou pas.

Répéter cette opération régulièrement m'a permis de graver dans mon inconscient une série de réflexes de cadrages et de compositions qui font aujourd'hui qu'en reportage, je choisis plus rapidement la composition que je veux appliquer à mon image.

Choisir son style photographique : Association et élimination

Chaque photographe a des domaines de prédilection. Au sein de ce ou ces domaines, nous définissons notre style. Ce style influence le choix de matériel et de méthodologies que nous adoptons pour réaliser nos photos.

En débutant, je n'avais aucune culture artistique. Aujourd'hui, je me soigne, mais je me considère toujours comme en convalescence. Pour remédier à mon inculture, je recherche en permanence des photographes qui travaillent dans mes domaines de prédilection. Toutes les semaines, je regarde attentivement leur travail. L'idée est d'arriver à trouver ma place au milieu de ces photographes que j'adore. Sans les copier, j'aimerais que la qualité de mon travail soit équivalent au leur... Même s'il reste beaucoup de travail.

Ceci dit, faire attention à tous les photographes qui publient reste important pour moi : arriver à identifier ce qui me plait moins chez d'autres me permet de déterminer les chemins que je ne veux pas emprunter, et accélérer mon évolution en limitant mes explorations infructueuses.

Mes inspirations

Je me suis limité à deux noms par type de photographie. Je vous ferai plus tard, si cela vous intéresse, la liste complète de mes inspirations 

Photographie de mariage

Joe Buissinck est un photographe américain basé sur la côte ouest des états unis. Je l'ai découvert en visionnant ses interventions sur le B&H Event Space de Youtube. Il couvre des mariages de luxe à la photographie argentique le plus souvent. Ce qui m'intéresse chez lui c'est son approche de la photographie de mariage : il voyage léger, figeant les moments qu'il voit sans les influencer. Les imperfections rendent alors ses productions encore plus réelles.

Ryan Brenizer est lui aussi un photographe de mariages à gros budget américain. Basé à New York, il est le développeur de la technique photographique qui porte son nom. J'apprécie tout particulièrement la fraicheur des reportages de mariage qu'il publie en entier sur son site.

 

Photographie de Portraits

Samuel Bouget. Portraitiste français, Sam est un virtuose du portrait. Il saisit le bonheur à merveille. Je trouve le naturel de ses portraits particulièrement désarmant. 

Régis Falque fait partie des rencontres les plus importantes pour moi ces dernières années. Il sera le photographe de mon mariage et j'adore son travail. Autant Sam saisit parfaitement la joie de vivre, autant la palette d'émotions qu'on peut trouver dans ses portraits est variée et naturelle. Chacune de ses réalisation est l'occasion de transcrire un petit bout de l'âme de son sujet. C'est clairement vers ce genre de rendu en portrait que j'aimerais me diriger.

Photographie nature

Vincent Munier est la référence européenne en matière de photo nature en ce moment. Il retranscrit magnifiquement la puissance de la faune qu'il photographie. 

Martin Dellicour a un regard doux et romantique sur les ardennes belges où il réside. Il réussit à sublimer agréablement nos paysages.

Ce qui me passe par la tête en photographiant - Publier à tout prix

Un photographe est un être humain, avec tous les défauts que l'Homme peut traîner. Parmi ceux-ci, il me semble que l'incapacité à se défaire d'une situation périlleuse lorsqu'on s'y est investi est la plus dangereuse.

Analogie avec le poker

Le problème est souvent rencontré au poker. Lorsqu'un joueur possède une bonne main de départ (une paire d'As par exemple), il lui est psychologiquement difficile de la laisser tomber, même s'il est évident qu'il va au devant de gros ennuis. L'avantage avec le poker c'est que la leçon tirée par la perte d'argent qui résulte de la situation est souvent suffisante pour que le malchanceux fasse la fameuse promesse d'ivrogne qu'on ne l'y reprendrait plus.

Vouloir récolter les fruits de son travail

En photo, je retrouve régulièrement le même comportement. Nous sommes bien d'accord que clic qui nous permet d'exporter la version finale d'une photo est une délivrance. C'est l'aboutissement d'un processus de préparation, de prise de vue, et de traitement long et fastidieux. Au cours de ce processus, le photographe aura laissé de l'argent, des neurones, de la patience, ... Et on espère un retour sur investissement, qu'il soit financier ou sous forme de reconnaissance publique.

Le problème se pose lorsque, pour des raisons qui lui sont propres et dont au final le bien fondé n'a pas d'importance, le sujet de la photographe fait valoir son droit à l'image. Il empêche alors le photographe de partager aux yeux du monde son travail, et de recevoir ce faisant un coup de baume à son ego... Après tout, il faut l'admettre, la reconnaissance est un des moteurs du photographe.

Le degré de ce qui s'en suit dépend alors de la ténacité des deux parties. Dans certains cas, une des deux parties cède rapidement et la "crise" est limitée à une relation entre deux personnes. Dans d'autres, chacun campe sur ses positions et l'escalade des menaces, des déballages publics et autres règlements de compte écornent les réputations de chacun.

Quand on met un doigt dans un engrenage, on ne perd pas nécessairement un bras

Pourtant, la solution du côté du photographe est simple en théorie, mais si frustrante en réalité : remiser la photo dans un portfolio de tirages physiques, et ne pas la publier sur la toile. La carrière d'un photographe est longue. La photo qui est aujourd'hui source du litige n'aura de toutes façons plus, dans un an, place dans le portfolio de l'artiste tant sa qualité sera faible en comparaison à ses nouvelles production.

Si vous vous faites violence au moment où la demande première du sujet de la photo en question, vous vous évitez du stress et vous conservez votre réputation (qui sait, la personne parlera peut-être de vous comme "le photographe qui sait respecter ses modèles/clients"). Quoiqu'il arrive, vous aurez gagné en expérience, et vous aurez toujours le tirage de la photo en question à portée de main dans votre portfolio papier... Parce que ça, personne ne peut vous l'enlever.

Moralité : restez zen et passez à autre chose